Montréal je te quitte

C'est pas toi, c'est moi!
Kamouraska | Visages régionaux

Montréal je te quitte

Montréal je te quitte 1024 683 Jérémie Perreault

Le début de la fin

Ça faisait déjà un bon moment que moi et la jungle de béton, communément appelée Montréal, étions dans une relation conflictuelle. Petit à petit, je me suis mis à aller voir ailleurs et à mon retour, elle me faisait la baboune. Oui, la ville me boudait. Elle pis moi, ça connectait pu autant qu’avant. À chacun de mes retours, j’avais ce sentiment de malaise qui envahissait mon échine dorsale. Toutefois, cette sensation s’effaçait progressivement à chaque fois que je visitais de nouvelles régions et municipalités québécoises. Désolé Montréal, je te trompais et j’y prenais de plus en plus goût.

Ce n’est pas toi, c’est moi. Le classique quoi.

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Hey Montréal!
C'est pas toi, c'est moi...
Le gazon est juste vraiment plus vert ailleurs

Le Québec c’est grand, c’est beau, c’est inspirant. Pourquoi ne pas prendre le temps de découvrir son propre chez soi au lieu de croire que tout est plus beau ailleurs? Ici, c’est riche, c’est fier, c’est vibrant. On a une chance unique d’être né sur ces terres boisées où une rivière n’en attend pas une autre. De plus, les découvertes inoubliables s’enfilent lorsqu’on sillonne nos routes… Chaque village à son histoire, son patrimoine, sa couleur qui fait de notre belle province, un amalgame extraordinaire.

Ceci étant dit, au cours de l’été, l’idée faisait tranquillement son chemin que Montréal et moi étions voué à une déchirante rupture. Après 10 ans de fréquentations en dent de scie, je commençais à regarder mes portes de sortie afin de trouver une autre municipalité avec laquelle m’acoquiner. Dur de faire un choix quand il y a autant d’options sur la table. Se coller sur les belles courbes du bas du fleuve, sentir le doux parfum des épinettes de l’Estrie ou encore caresser les montagnes des Laurentides.

Évidemment quand un choix de la sorte s’impose, différents facteurs sont à prendre en considération: famille, amie, boulot, centres d’intérêt et j’en passe.

Si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Sœur et mère s’étant exilées depuis plusieurs années dans les racoins du Kamouraska et des régions environnantes, je décidai d’aller y cuver ma peine quelques jours afin de prendre le pouls de cette région.

Fait notoire,  selon le prestigieux National Geographic, cette région possède le 2e plus beau coucher de soleil au monde. Je ne peux que confirmer cette affirmation! Je t’avouerai humblement cher journal, que je n’aie jamais su où était le numéro 1 – le sais-tu toi?

La sérénité qui y règne est palpable, entre une pinte de mousse à la Tête d’Allumette, une petite grimpe à la Sebka et une saucette (très vite fait) dans le fleuve, il ne m’en fallait pas plus pour être convaincu. […]»

Jérémie Perreault - nouveau membre de l'équipe de Visages régionaux
Moi qui cuve ma peine
Dans les battures du Kamouraska
Et la réalité puncha la prose dans gorge

Ma décision était donc prise à 80%. Un obstacle majeur se présentait à moi -> mon domaine d’expertise (communications et arts). On ne se le cachera pas, la région n’est pas forcément le terreau le plus fertile en offres d’emploi en com. Pour vrai, l’idée de retourner servir des pintes dans un bar tout en multipliant les jobines afin d’arriver à fin du mois était ZÉRO une option envisageable. J’ai donc passé le mot à ma seule amie du kamou (shout out à toi ma pote Sara Anne)… et la magie s’opéra.

Sara Anne, trouve moi LA job de rêve!

Il n’en fallait pas plus pour que cette dernière se munisse de sa loupe et parte à la recherche d’employeurs potentiels. 3 jours plus tard, mon nom était taggué à l’offre d’emploi sur Facebook qui allait finir de me convaincre. J’ai envoyé mon CV chez Visages régionaux et puis j’ai reçu une convocation.

Encore une fois, si j’avais un journal intime, on y trouverait de quoi du genre:

«[…] Ainsi, je rencontrai Marie-Eve Arbour un samedi matin, 8h00 – un peu trop matinal à mon goût, certes, mais lorsque ta future patronne a 2 kids, tu t’ajustes et tu fermes ta yeule –  dans un coquet café du chic St-Lambert.

Dès lors, je me munis de mon plus beau sourire et allai à sa rencontre. J’aurais imaginé le meilleur scénario qui soit avec une mise en scène de René Richard Cyr que celui-ci n’aurait pas été à la hauteur de cet entretien. Au fur et à mesure que Marie-Eve me décrivait les différents projets sur lesquels j’allais être appelé à travailler, mes yeux s’équarquillaient à vu d’oeil, si bien que je crains d’en perdre un dans mon expresso serré… Et mon ventre, mon cher journal, était saisi d’une fébrilité presqu’inquiétante (l’effet du café, peut-être? Je ne le saurai jamais.).

Non seulement je sentais que mes compétences étaient à la hauteur du mandat proposé, mais je voyais que TOUS les projets touchaient à ma fibre environnementale et sociale. Parce que oui, cher journal, il importe d’aimer son emploi, mais je crois que dans un monde en constante évolution, il s’avère primordial de redonner au suivant, via les actions de son quotidien… Tiens donc, quelle étrange sensation… Je me sens soudainement rempli d’une mission, d’un devoir, d’une raison de vivre! («Ah ta yeule!» as-tu envie de me rétorquer cher journal, –  ok ça achève). 

FAIT QUE

Pas besoin de temps de réflexion ou d’analyse de pour et de contre: le jeudi d’après, 5h00 am, j’ai jumpé dans mon char pis je me suis clanché la 20, en route vers ma destinée et mes nouveaux défis. Ça fait déjà un mois que je suis dans l’équipe de Visages régionaux, 10 jours que j’habite officiellement le Kamouraska, et crois moi, aucun regret à l’horizon. Best move ever.

Petite conclu

Donc à toi qui est à l’aube de la trentaine et dont la petite voix intérieure te crie de prendre tes jambes à ton cou, j’ai juste envie de te dire GO.

Les régions en valent le coup.

Montréal c’est pas le nombril du monde, et le Québec, c’est grand, il y a de la place en masse, mais surtout il y a TA place, à toi de la trouver.

5 commentaires
  • Johanne Blackburn 24 septembre 2018 à 4:35 PM

    Bonne Chance dans ton nouveau quartier, ma cousine s’y est adaptée, elle aussi, elle est partie du Saguenay pour y habiter, elle a donner naissance à la belle Adèle, seule chose de plate, je ne la vois plus. Peut être qu’un petit mot sur Facebook lorsqu’elle vient par ici pourrais faire que je la revois enfin. Si tu as des amis et ou de la famille et que tu retournes à Montréal, n’oublie pas de les en avertir, pour qu’il puisse profiter encore une fois.

    • Claudia Tessier 25 septembre 2018 à 5:08 PM

      ALLO Johanne!!! 🙂 Je suis dont ben rendue sauvage!!!

      Je descends dans deux semaines! Je vais aller faire un tour chez ma mère.. Ça serait le fun que tu y sois !

      J’y serai avec la ptite Adèle

  • larguer les samares 24 septembre 2018 à 10:07 PM

    Quel beau récit, Jérémie. Je te comprend tellement. Moi même, fille née à Mtl, bitume Hochelaga Maisonneuve, photographe portraitiste travaillant aussi sur les plateaux de tournage de toute sorte…j’ai mis un « HAUT-LÀ » la dessus. Ça serait trop long à t’expliquer en détail…. Mais je suis définitivement installée à St-Casimir dans une jolie érablière exploitée de façon artisanale, où j’ai aussi conçu un joli gîte!. J’y suis à temps plein depuis 2 ans. Et tu sais quoi ? J’ai même appliqué sur la « job de rêve » que tu viens d’avoir…..Mais tu la mérites tellement !!! Je suis contente de faire ta connaissance, car je m’intéresse à « visages régionaux » , et j’ai aussi un faible pour Kamouraska. Ben voilà! Je te souhaite toutes les chances du monde et je vais suivre ton travail ! Tu peux en voir un peu plus sur mon projet et sur moi en visionnant cette capsule de la Fabrique culturelle ( si tu as le temps) ….ha ha , et aussi mon site web !
    https://www.lafabriqueculturelle.tv/embeded/lafab/capsules/9545/changer-de-vie-dans-l-oeil-d-izabel-zimmer
    larguerlessamares.ca

    Bon périple à Kamouraska !
    Izabel Zimmer

  • Julie Laforest 27 septembre 2018 à 3:10 AM

    Bienvenu chez nous!

  • Maryève Charland-Lallier 27 septembre 2018 à 3:12 PM

    Superbe texte! Bonnes rencontres, bonne découverte de ce fabuleux Kamouraska et de toutes les autres régions que tu auras l’occasion de côtoyer.

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